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samedi 25 janvier 2020

" Qui, si je criais, entendrait mon cri? " Les Élégies de Duino, Rilke


Les Élégies de Duino (Duineser Elegien) est le titre d’un recueil de dix élégies écrites en allemand de 1912 à 1922 par le poète Rainer Maria Rilke.
Il a trouvé son inspiration lors d'un séjour au château de Duino, superbe château médiéval qui surplombe la mer Adriatique.




Ce recueil souligne le désarroi de la créature humaine qui se sent étrangère dans un monde abandonné par la beauté et par le sacré.

Hantée par la fuite du temps et de la mort, elle se révèle impuissante à participer pleinement à la vie universelle.
Dans ces conditions, le rôle du poète s'impose : il doit s'efforcer de rendre compte de ce jaillissement de l'existence dont la saisie est seule capable de faire reculer l'angoisse.


La première de ces élégies résonne dans mon âme comme un écho de paroles lointaines, presque oubliées, à peine perceptibles...
Je vous la fais partager, dans la mesure où de nombreux thèmes abordés chez Rilke, reflètent à mes yeux une essence tout à fait elfique de notre monde.

Il est question ici d'un Ange, (le terme peut prêter à confusion) ce serait une erreur de considérer cet Ange comme une créature du type chrétien ou biblique, cet Etre n'a pas d'ancrage théologique.


LES ELEGIES DE DUINO (extraits)
Rainer Maria Rilke
Première Elégie
Qui, si je criais, qui donc entendrait mon cri parmi les hiérarchies des Anges ? Et cela serait-il, même, et que l’un deux soudain
me prenne sur son cœur : trop forte serait sa présence et j’y succomberais. Car le Beau n’est rien autre
que le commencement de terrible, qu’à peine à ce degré nous pouvons supporter encore ; et si nous l’admirons
et tant, c’est qu’il dédaigne et laisse
de nous anéantir ; Tout Ange est Terrible.
Il me faut donc ainsi me retenir et ravaler en moi l’obscur sanglot, ce cri d’appel. Mais hélas ! vers qui se tourner ? à qui donc,
mais à qui peut-on s’adresser ? A l’Ange, non ! à l’homme, non !
et les animaux pressentent et savent, dans leur sagesse, qu’on ne peut pas s’y fier : que nous n’habitons pas vraiment chez nous
dans le monde interprété. Il nous reste peut-être
quelque arbre sur la pente, que nous puissions chaque jour aller voir de nouveau ; il nous reste le chemin d’hier
et la facilité attardée d’une habitude fidèle
qui se plut près de nous et ainsi demeura et ne partit point. Et la nuit, oh ! la Nuit ! quand le vent tout emplit l’espace des mondes
travaille et sculpte nos visages, car à qui ne reste-t-elle pas, désirée si passionnément, la nuit, doucement décevante et prodigue en douleurs,
qui se dresse, difficile, devant le cœur
de chacun. Aux amants, serait-elle moins sévère ?
Hélas ! ils se voilent seulement l’un à l’autre leur destin. Ne le sais-tu pas encore ? Hors de tes bras jette le vide, Rejette-le dans ces grands espaces dont notre souffle vit ; Et que peut-être les oiseaux, de leur vol plus intime
En sentant l’air comme agrandi.


Editions Seuil – Collection Points – Traduit de l‘allemand par Armel Guerne





Ainsi donc l’Ange est, pour Rilke, un être plus évolué que l’homme.
Il a franchi les portes d’un autre domaine et, ce serait une erreur de la considérer comme une créature de type chrétien
Il est intéressant de lire la correspondance de Rilke, pour apporter un éclairage à sa poésie, qui peut sembler hermétique de prime abord.


"... L’Ange des Élégies est l’être qui se porte garant de reconnaître dans l’invisible, un degré supérieur de la réalité. C’est pourquoi il nous paraît effrayant." (Lettre de 1925)






Dépouillé de toute référence religieuse, la figure de l’ange conserve une énergie spirituelle dans « l’espace sans lien », un espace où :
"Il n’y a ni En-deçà, ni Au-delà, rien que la grande Unité où ces êtres qui nous surpassent, les « anges », sont chez eux. »

Le cycle de La Vie s’étend sur deux domaines : la vie et la mort, le sang de la circulation suprême passe dans les deux.
Le monde intérieur, les expériences du cœur humain constituent, chez Rilke, un monde intérieur, invisible, est pleinement dans « l’Ouvert » (das Offene).
Cet Ange transforme le monde visible en monde invisible, l’un se déversant dans l’autre en perpétuel mouvement.
Il vit dans « l’Ouvert » : « espace intérieur au monde » (Weltinnenraum) et qui est « pur espace ».



Cet espace atemporel et sans dimensions est à la fois l’espace intérieur du cœur humain, l’intériorité, invisible, et l’espace du monde extérieur, visible.

D’ailleurs,  Rilke écrit : « L’ange des Élégies de Duino est la créature chez qui la transformation du Visible en Invisible à quoi nous nous employons apparaît déjà accomplie.
Pour l’ange des Élégies de Duino, toutes les tours, tous les palais passés sont existants, parce que depuis longtemps invisibles, et les tours et les ponts encore debout dans notre existence sont déjà invisibles, bien qu’encore (pour nous) matériellement présents. L’ange des Élégies de Duino est la garant du plus haut degré de l’Invisible. »


Dans cet espace, le temps est neutralisé et cette conception est à mon sens l'Essence même des de la vision des Eldar et d' Ilúvatar: Ilúvatar « père de tout », également appelé Eru (« l’Un »), est le créateur d’Eä, dieu créateur, qui demeure dans les Salles intemporelles.
Nous sommes au-delà de la temporalité, dans le « pur espace dans lequel infiniment fleurissent et se perdent les fleurs » et de conférer à l’instant l’éternité.


« Nous, êtres d’ici et de maintenant, nous ne pouvons être un seul instant comblés, ni engagés, dans le monde du temps, nous ne cessons d’aller au-delà, vers ceux d’avant, vers notre ascendance, et vers ceux qui viendront apparemment après nous. Dans ce monde « ouvert », le plus grand, tous sont, on ne peut dire en même temps, car la cessation du temps implique précisément que tous soient, sans plus. Partout la temporalité s’abîme dans la profondeur de l’Être.»

Le « Weltinnenraum » est le lieu où le Visible et l’Invisible se métamorphosent constamment. L’accomplissement esthétique est atteint lorsque l’ « œuvre de la vision » (Werk des Gesichts) et l’«œuvre de cœur» (Herzwerk) deviennent une seule et même chose grâce au chant poétique.

« Et ces choses (…) / Veulent qu’en notre cœur invisible nous les transformions toutes en — ô, infiniment — en nous-mêmes !»

« L’Ouvert » (das Offene) et le «Weltinnenraum» sont deux notions qui se complètent l’une l’autre.
Être dans « L’Ouvert », c’est se porter dans le « pur espace » au-delà de toute temporalité. C’est être « dans » le monde et pas « devant » lui.

« Vous devez concevoir l’idée de l’ouvert, que j’ai essayé de proposer dans cette élégie de telle sorte que le degré de conscience de l’animal place celui-ci dans le monde sans qu’il ait besoin, comme nous, de constamment se poser en vis-à-vis ; l’animal est dans le monde ; nous autres, nous nous tenons devant lui, du fait de la singulière tournure et élévation qu’a prise notre conscience. (…)


Comme nous venons de le voir chez Rilke, la question d'un espace "hors temps" est primordiale chez les Eldar.
En Lorien ou à Imladris, le temps ne s'appréhende pas, comme pour les Atani, à une division entre "passé, présent et futur". Il est plutôt perçu comme un espace, un champ continu au sein duquel on peut se déplacer d'un point à l'autre sans limites, le plus souvent à travers des rêves ou des visions.
Le professeur Tolkien, illustre bien l'entrée par le "rêve " dans ce portail atemporel  travers "La Route Perdue" (1936), un récit de voyage dans le temps, où les protagonistes remontent de l'Angleterre moderne jusqu'à la chute de Numenor.
Dans "Le Seigneur des Anneaux" ces allusions à cet "hors temps" sont plus subtiles, telle la sensation de Frodo lorsqu'il arrive en Lorien, d'être passé par un pont  temporel pour arriver dans un lieu des Temps Anciens, révolus alors.
Un autre exemple se déroule sur le mont Cerin Amroth, lorsque Frodo ne perçoit plus Aragorn comme le ranger buriné que nous connaissons, mais comme un jeune homme vêtu de blanc, tel qu'il était dans sa jeunesse lorsqu'il a demandé sa main à Arwen.
Ce n'est pas par hasard que Tolkien s'attache à décrire ces expériences hors temps dans les derniers bastions elfiques. En effet, ils dépeint les Eldar comme désirant arrêter le cours du temps, stopper le déclin naturel et la mort et par ce moyen demeurer "en dehors" du processus normal des choses. En contraste avec les Humains ( les Atanis) sujets au changement et au déclin de la vieillesse.
Ce paradoxe permet de renforcer l'idée que la Vie, le Déclin et la Mort sont en réalité une seule et même route sans fin, chaque étape ayant besoin de l'autre.
Les disparités entre le monde extérieur et celui des elfes sont dépeintes à travers ses descriptions des royaumes de Lorien et d'Imladris, là où les voyageurs ressentent ces lieux comme étant différents de leur temps habituel.
Alors que Bilbo remarque qu'à Imladris, le temps ne semble pas s'écouler mais "est juste là ici et maintenant",  Sam lui est incapable de dire combien de jours il a passé en Lorien et conclue simplement que dans ce lieu, "le temps ne compte pas"







Who, if I cried out, would hear me among the angels’ hierarchies?
And even if one of them pressed me suddenly against his heart:
I would be consumed in that overwhelming existence
For beauty is nothing but the beginning of terror, which we are still just able to endure,
And we are so awed because it serenely disdains to annihilate us.
Every angel is terrifying.
And so I hold myself back and swallow the call-note of my dark sobbing.
Ah, whom can we ever turn to in our need?
Not angels, not humans, and already the knowing animals are aware
That we are not really at home in our interpreted world.
Perhaps there remains for us some tree on a hillside, which every day we can take into our
vision;
There remains for us yesterday’s street and the loyalty of a habit so much at ease
When it stayed with us that it moved in and never left.
Oh and night: there is night, when a wind full of infinite space gnaws at our faces.
Whom would it not remain for–that longed-after, mildly disillusioning presence?
Which the solitary heart so painfully meets.
Is it any less difficult for lovers?
But they keep on using each other to hide their own fate.
Don’t you know yet?
Fling the emptiness out of your arms into the spaces we breathe;
Perhaps the birds will feel the expanded air with more passionate flying.

lundi 5 août 2019

Eau, Air, Terre et Feu

À mi chemin entre ciel et terre,  une alliance parfaite entre eau, air, terre et feu.









lundi 24 septembre 2018

Foghar

Foghar, l'automne en scottish gaelic.

Au bout du chemin de l'été, arrive l'équinoxe d'automne, Alban Elfed.

 Balade en conscience au sein de la forêt , pour bien s'enraciner dans l'instant présent et faire le point sur ce qui a été semé, récolté ou perdu.



 Il était ensuite temps de célébrer l'équilibre jour-nuit, qui marque l'entrée dans la période sombre.











mercredi 19 septembre 2018

A la recherche de l'Autre... mon bilan sur elfes russes

Lorsque j'ai débuté ce blog, c'était l'envie de partager mes ressentis concernant ce que j'appelle "le chemin elfique", un peu comme lorsqu'on jette une bouteille à la mer, avec un infime  espoir que cela me permettrait de rencontrer des personnes qui auraient le même cheminement.


A l'école ou dans la famille, je me sentais un peu décalée et n'y voyez pas un élitisme déplacé... Car cette différence je l'ai longtemps mal vécue, je la voyais comme un échec, un handicap de ma part à rentrer dans le moule et à me comporter comme tout le monde.... lorsque chaque jour vous prouve que votre ressenti n'est pas le même que ces Autres qui vous entourent, on est forcément amener à se questionner, à rentrer en introspection. Pour ma part, je voulais trouver ma voie, me prouver que ce qui se passait en moi n'était pas le fruit d'une lubie passagère ou bien l'expression d'une maladie psychique.

Je suis partie en quête de réponses, j'ai tenté de trouver des personnes qui semblaient avoir le même parcours, j'ai mené  une quête qui bien souvent m'a conduit à plus de déceptions qu'autre chose. Mais jamais je n'ai cessé de chercher.
Les Eddas, la geste arthurienne , ainsi que Tolkien étaient mes lectures  très jeune et je me suis attachée à l’Écho, la résonance que ces écrits ont provoqué en moi et en plusieurs autres à travers notre monde.
Je n'ai su mettre des mots sur cela que bien plus tard (des années après en réalité). Lorsque, devenue adulte, après plusieurs retours et abandons  envers ces même ouvrages, me disant que ce n'était que l'invention de mon esprit trop romantique. Me raisonnant de manière cartésienne, tel que les esprits sont formés à l'école de la République (en France), pour entrer dans le "moule" des Hommes.
J'essayais de comprendre pourquoi je ressentais qu'ils parlaient d'une époque  qui résonnait en moi comme un lointain souvenir....

Mais alors, était-ce la réminiscence d'un souvenir collectif, propre à beaucoup d'écrits épiques, qui évoquent un certain Âge d'Or révolu, période où l'Humanité présentait des valeur de courage et d'honneur, d'Âme éclairée?  Tel que Platon l'évoque dans sa métaphore de la grotte?
Pourquoi être toujours rappelée sur cette voie elfique? Pourquoi recevoir des rêves récurrents, impossible à classer comme "expression de sa fantaisie personnelle"?
Peu ou prou d'informations existent sur les sites français, c'est pourquoi je me suis d'abord tournée vers des ressources anglophones.
Le terme "Otherkin" s'est rapidement trouvé dans mes recherches, je me suis confrontée à un problème pour moi: beaucoup trop de personnes liées à des réseaux type sectaires, j'ai passé mon chemin.

J'ai aussi découvert le site des Silver Elves .
Ils ont une communication plutôt active, bon enfant et un bon nombre de followers sur les réseaux sociaux.  Certaines publications sont assez intéressantes, notamment concernant la prise de conscience, ou le processus "d'éveil" ( "awakening" en anglais) 
Malheureusement, la publicité à outrance pour acheter les ouvrages me dérange, et je n'ai pas cherché à aller plus avant.


J'ai ensuite échangé avec une personne du site rialian, qui m'a affirmé être un elfe, mais également, parfois un dauphin et un écureuil....

J'avoue que j'ai laissé de côté ces recherches infructueuses quelques années pour me focaliser sur des aspects plus pratiques  : canaliser mon potentiel énergétique, mieux interpréter mon ressenti, mes vibrations. Développer mes modestes talents artistiques, me documenter sur les cultures et légendes anciennes et.... voyager découvrir les beautés de ce monde.

Cependant, concernant mes visions, rêves,  il manquait encore quelque chose....
Les techniques que j'avais étudiées étaient intéressantes, mais restaient résolument humaines.

C'est donc naturellement que mon questionnement, m'a amenée à chercher encore, cette fois en langue russe (j'ai un petit niveau)

J'ai découvert un forum elfheim, dédié aux personnes intéressées ou liées aux Elfes tels que décrits par Tolkien.  Cela a été une révélation, j'y ai vu, avec enthousiasme la possibilité de me connecter avec des membres qui auraient les mêmes bribes de "mémoire".
J'ai été déçue.

Les membres de ce forum sont très liés aux jeux de rôle grandeur nature:  jeux théâtraux dans la nature durant lesquels ils interprètent des personnages de Tolkien.
J'ai eu grand peine à comprendre cet engouement.
Je pense que tout d'abord j'en avais un apriori négatif par l'image que je m'en faisais.
Cependant , je m'étais trompée, et je reconnais mon erreur.
Il faut savoir qu'en Russie ce loisir est très populaire, et je pense qu'il permet par certains aspects de faire ressortir sa créativité, la richesse de son monde intérieur, en communion avec ses amis, au sein de la nature.
Mais comme partout , il faut trier "le bon grain de l'ivraie".

Parmi ces personnes, s'identifiant comme "elfe", beaucoup le sont principalement dans la projection de leurs fantasmes, ainsi que sous l'influence de la culture de masse.
Tout y passe: les films de Peter Jackson, les sagas Harry Potter, les mangas de toutes sortes, les jeux vidéos, les séries américaines, la mode d'Halloween,de la culture celtique "revisitée " à la sauce moderne : tout cela n'est que de l'expression d'une société humaine qui ne fait plus la différence entre ce qui est créé par l'ère moderne et ce qui nous vient réellement des temps anciens.
Elles utilisent les réseaux sociaux intensivement, pour se faire valoir et se mettre en avant.
Tel le marketing de n'importe quel bloguer ou youtubeur opportuniste. Il n'y a rien de sincère dans tout cela.
L'âme elfique, l'essence même de la nature elfique est totalement absente de ces personnes.

 Étant incapable de fabriquer un personnage  dans le but de "plaire" à autrui et faire "ami-ami" avec des gens qui n'en ont vraisemblablement pas envie.
Je suis simplement restée moi-même, j'ai tourné cette page car elle ne me correspondait pas.



Pour conclure, je ne suis toujours pas plus avancée en terme de recherches pour trouver des personnes qui ressentiraient la même chose que moi. Mais au moins, ai-je appris à savoir reconnaître celles qui sont factices.

La nature elfique,  ce n'est pas se déguiser en un clone de film ou série, et avoir des oreilles pointues.
A l'heure actuelle, tout se base sur le physique, et c'est une approche erronée mais Ô combien ancrée dans l''époque actuelle. Tout se joue sur l'image que vous renvoyez au monde, aux autres et on vous renvoie "pronto" dans une case. Si vous n'y correspondez pas tant pis pour vous, vous serez alors le vilain petit canard de service.
Pourtant, la nature elfique est simple. C'est être en symbiose avec le vivant, visible et invisible, c'est ressentir les synesthésies, les émotions ( de soi, des autres)

 Ces synesthésies, ces correspondances procurées par le bruit du vent dans les feuilles, l'odeur de la pluie sur la terre sèche, le bruissement des ailes d'un oiseau de nuit, la sensation d' une corde d'arc contre sa joue, le mélange des couleurs d'un ciel mouillé après l'orage et par dessus tout,  le scintillement des étoiles, ce sentiments d'être à la maison. L'union entre végétal et  minéral, sentir son cœur battre au rythme du chant de notre monde.
Et laisser sa main tenir le pinceau et mélanger les couleurs, les textures, tenter de traduire par la création cette beauté qu'est notre monde, ou bien nos sentiments les plus enfouis, laisser l'instrument de musique nous habiter et jouer , comme un langage sans mot, universel...
Ces échos du passé, ces sons, ces visages... songes.... rêves... souvenirs?  Tout se mêle, tout se transforme , tout ne fait qu'un.


Je poursuis ma quête, même maladroitement, mais authentiquement, il m'est contre nature de se mentir à soi-même de la sorte tel que j'ai pu le constater lors de mes recherches elfiques sur internet.



Inter Artes et Naturam- Pierre Puvis de Chavannes






jeudi 13 septembre 2018

Souvenirs

Ce lieu revient souvent dans mes visions.
J'ai tenté de le retrouver dans ce monde, pour le moment sans succès, mais je persiste car je sais que je parviendrai à l'identifier.
Ce n'est qu'une question de temps.
Et le temps , ce n’est rien...

mardi 5 juin 2018

The Departure ( Straight Road)

Coming back Home, where I belong to.
Homeland of the Eldar
Leaving  across  Belegear,
Taking the Straight Road
O Brother, Where Art Thou ?



The Departure

jeudi 17 mars 2016

Saint Patrick ou Yestarë? La question ne se pose même pas...




Joyeuse Saint-Patrick ? Non, merci, très peu pour moi !

En voyant le nombre de post pour célébrer la Saint –Patrick, sur les réseaux sociaux français, américains ou russes, je réalise à quel point pour beaucoup, cette fête est synonyme de mise en valeur de la culture et de la gloire irlandaises.
Personnellement, bien que n’étant pas irlandaise (mais, j’ai des liens de famille avec l’Ecosse) je trouve très bien si certaines traditions permettent de  perpétuer la culture, l’histoire et la langue des ancêtres Celtes, car à mes yeux là se trouvent les racines des Sidhes, des Dana, ou si vous préférez, des Elfes.
Ce qui me laisse perplexe, ce sont les messages de « Bonne Fête », «  Bonne Saint-Patrick », «  Vive les Celtes ! Vives nos racines irlandaises ! » de la part de frères et sœurs elfes de part et d’autres de la planète.
Outre le fait que de nos jours c'est essentiellement une fête "à boire" synonyme de beuveries et excès en tous genres, ne représentant pas exactement le plus bel aspect de la nature humaine...
Il faudrait quand-même rappeler que la Saint-Patrick est une fête catholique, je le répète au cas où : CA-THO-LIQUE, compris ?

Certes, c’est une fête ancienne, très ancienne mais à travers elle, ce que l’on rappelle, c’est l’expansion de l’Eglise catholique et l’éradication des païens, des traditions, de toute une culture, le bourrage de crânes des humains que le « Petit Peuple » et que toutes les légendes appartiennent au domaine de l’imaginaire et ne sont pas compatibles avec la « Très Sainte » « Très Propre » et « Très Correcte » Eglise.
On commémore le colonialisme religieux et la destruction des traditions païennes.
Mais pourquoi chers elfes, par tous les Valars , voudriez-vous souhaiter ou célébrer une telle fête ?

On dit communément, que Saint-Patrick avait chassé les serpents d’Irlande.
Les Serpents sont une métaphore qui désigne les Celtes et les Druides, qui portaient un serpent tatoué sur leur bras.
Ce que cet homme a réellement fait, c’est mener une agressive campagne d’évangélisation envers les natifs irlandais. Il a poursuivi, combattu et chassé les « infâmes » Druides, les « mauvais » Serpents

Il serait plus approprié d’y voir un jour de deuil et de chagrin.

Cette date du 17 mars n’a d’ailleurs pas été choisie arbitrairement par les Catholiques, elle correspond à peu de jours près à la fête païenne d’Ostara, célébrée vers le 21 mars, soit à l’équinoxe de printemps. On associe également Ostara à Pâques qui se dit Easter en Anglais.
Elle symbolise le renouveau de la vie et de la terre, après un hiver froid et dur, quand le jour et la nuit sont égaux. Elle est considérée comme le point culminant de la saison printanière, quand la vie s'éveille dans toutes les directions. Ostara est un Festival de l'aube et de la vie croissante. Ostara vient du mot Germain "Ost" ou "Est", une référence pour l'aube et la vie renouvelée.
Pour conclure, je dirais que personnellement je fêterai plutôt le Nouvel An Elfique.
 Yestarë,  le « Premier Jour » de notre année, qui se fête le 28 Mars dans le calendrier grégorien.


 

C’est le temps de l’année durant lequel on peut sentir les frémissements du printemps dans l’air, dans l’odeur de la terre, qui se réveille de son long sommeil hivernal, dans l’eau qui se dégèle et se met à couler avec force dans les cascades et les torrents de montagne,  dans cette odeur d’humus, cette vibration du vivant qui éclot. On peut le sentir aussi dans la vibration des êtres, cette excitation latente, imperceptible, mais présente qui porte à la joie.  Bientôt, les parterres seront une explosion de couleurs et de parfums  avec les fleurs naissantes.
Il n’y a pas de meilleur moment de l’année pour se sentir vivant, pour fêter Yestarë ou Ostara selon vos préférences et vos croyances, plutôt qu’un homme catholique responsable de la soumission et de la perte de la culture celte païenne.



samedi 12 mars 2016

Emergence de la culture elfique





Dans notre ère moderne, la plupart des personnes auront été en contact avec le terme  “elfe”, “elfique”, essentiellement à travers les médias de masse, les jeux vidéos, la “pop”-culture”, les dérivés de franchises, etc…  Moins nombreux sont ceux qui auront décidé d’étudier les légendes anciennes, et auront lu les textes et études s’y rapportant.
Il y a également ceux qui auront la chance de vivre dans un environnement, où ces légendes se transmettent encore, de génération en génération, en tant que savoir oral, mais cette transmission se perd et se déforme avec le temps.
Il faut bien reconnaître que, bien plus que la culture,  ce sont surtout les films, la télévision, les romans héroïque fantasy et les jeux vidéos qui vont avoir le plus d’influence de nos jours.
Ce qui est affligeant, c’est que la première fois qu’une personne va être en contact avec le mot ou le concept d’elfe, ce sera précisément à travers ces supports commerciaux issus d’une société de consommation, du tout jetable et tout ludique. Et la conséquence immédiate, est un dénigrement du concept comme une chose irréelle, appartenant au monde de l’imaginaire.  Un pur fantasme, un divertissement superficiel.
Cela rejoint la stratégie de l’Église, qui, aux temps de la christianisation, avait mis en œuvre une vaste campagne pour convertir les hommes et éradiquer les cultes païens. Les elfes, les fées, les Sidhes, les nains, sont réduits à des personnages triviaux de jeux vidéo, où l’ont tue facilement les uns et les autres à coup d’armes virtuelles,  sans arrière-pensée, ou des personnages grotesques à la sexualité débridée, destinés à assouvir des fantasmes vulgaires.
Ajoutons à cela les elfes grotesques du Père-Noël et vous avez un tableau complet, mais ô combien absurde, et loin de la réalité.

Les humains ont oublié, depuis trop longtemps, comment avoir une connexion avec ces êtres mythiques. Les seuls moyens de raviver leurs connaissances étant ceux cités plus haut. Bien sûr on peut parler du Seigneur des Anneaux, qui, a pu ramener un peu de bons sens et de dignité aux elfes. Pour ceux qui auront eu le courage, ou la curiosité de lire les livres du Professeur Tolkien, cela a pu leur ouvrir les yeux sur le brouillard de bêtises entretenu par la société moderne. Mais là encore, malheureusement, les personnages et les visions de Tolkien se retrouvent emprisonnés et réduits à des jeux de rôle, des films, des personnages au manichéisme basique…
Encore moins nombreux sont les personnes qui oseront affirmer au grand jour qu’elles croient aux elfes et qu’elles en ont rencontrées, de peur d’être rejetées par leurs pairs ou catégorisées comme « mentalement inappropriées » et forcées de suivre des traitements médicaux. 
Une simple recherche internet vous amènera les résultats de sites parlant d’Aliens et de diverses théories du complot ou de conspirations des gouvernements : ridicule, … décourageant…
Parmi les personnes qui ont une croyance envers les esprits de la nature et les elfes, on pourra trouver des néo-païens, des wiccas (sorciers), des pratiquants d’une « nouvelle »spiritualité et tant d’autres… Cependant, à part publier des livres douteux sur l’éveil de son âme ou de l’amélioration de soi, d’interpréter des photos de la nature, ils ne font pas grand-chose de vraiment productif…
Il existe quelques groupes assez obscures, dont les membres se considèrent comme des elfes réincarnés, ou ayant du sang ou une parenté elfique. Je n’ai jamais rencontré ces groupes en France, mais des sites américains et russes essentiellement.
En Amérique, existe un forum « non officiel » (ie : le groupe est très restreint). Ces personnes ont choisi le Silmarillion , entre autres, les textes des Contes Perdus aussi, les Lettres de Tolkien  et étudient les textes du Professeur dans une perspective gnostique. Je ne suis pas encore assez familiarisée avec tout cela. Ceci dit, cette perspective demeure intéressante par bien des aspects.
Le forum russe que je connais, à première vue, fût une révélation car ce fût la première fois que je découvrais un site avec une base que je qualifierais de "sérieuse". Un message d'accueil vous explique qu'ici il ne s'agit pas d'un jeu, ou d'une reconstitution, mais bel et bien d'un éveil à sa nature elfique.
Les utilisateurs croient aux elfes,  certains en sont-ils réellement? C’est très fortement probable.
Quelques articles anciens sont d’un bon niveau d’information, et j'y ai trouvé une vraie résonance avec mon ressenti personnel. Mais, à ce jour,   il n’y plus vraiment d’impulsion de vie "positive",  et beaucoup trop de critiques acerbes à mon goût.
Un écueil majeur : Il faut comprendre et parler parfaitement le russe pour pouvoir discuter.
Il s’agit avant tout d’un forum réunissant des personnes qui ont pour la plupart ( pas toutes mais en forte majorité) le même goût pour les jeux de rôle inspirés du Seigneurs des Anneaux et qui se réunissent ou échangent régulièrement entre eux sur les réseaux sociaux.
Pas de vocation, ni de désir spécifique à regrouper des elfes d’autres pays et d’autres langues.

Et pourtant…, pourtant, je suis persuadées que cela doit exister, quelque part, une envie de se regrouper, dans le respect des différences culturelles ( Europe, Amérique, Asie, Afrique.... le monde entier dans le quel nous vivons est concerné)
Alors,  je poursuis ma quête, pour trouver, retrouver des « frères  et sœurs » elfes, si ce n’est en France, au moins dans un espace francophone et dans un environnement « normal »
Beaucoup s’éveillent, de plus en plus, partout dans le monde et cela ne peut plus être ignoré. Cette émergence de la culture elfique, le concept elfe, des personnes qui se sentent elfes, différentes des autres, pas humaines, ne sont pas des êtres mentalement dérangés ayant une distorsion de la réalité. Ce ne sont pas des personnes qui se croient supérieures ou avec des supers pouvoirs. Elles sont justes différentes des humains. Elles comprennent le monde différemment, elles sentent les choses différemment. C’est très difficile pour moi de l’exprimer avec des mots, car cela est plus de l’ordre du ressenti. Un ressenti certes, mais pas moins une certitude.
Il ne s’agit pas d’un jeu vidéo, pas d’une religion basée sur des films à succès, pas non plus de romans d’héroïque fantaisie. Ce n’est pas un jeu de rôle, un forum en ligne ou la vente d’objets par des néo-occultes aux cheveux longs qui utilisent l’imaginaire de Tolkien pour faire du commerce et il s’agit encore moins d’une néo spiritualité ou d’un culte New Age.
L’émergence de la culture elfique, l’éveil d’elfes est quelque chose qui se produit de plus en plus. Nous ne pouvons plus, nous ne devons plus ignorer cela ou avoir honte, il s’agit à mes yeux, de la fin de l’ère du Peuple Caché.
Il s’agit de vivre ce que nous sommes au grand jour, tous ensemble dans ce vaste monde, et de mettre nos compétences et bonnes volontés ensemble pour faire de la Terre «  Arda Envinyanta », en d’autres termes «  Arda Guérie » de ses maux.











mardi 18 août 2015

De l'intégration

Il est des groupes, des cultures, des pays où il est plus difficile de s’intégrer qu’ailleurs.
Depuis plus de 15 ans, je travaille avec des migrants, des expats, des membres d’ONG, et toujours ce qui caractérise notre grande communauté c’est l’ouverture, l’ouverture à l’autre, à sa différence (culturelle, linguistique), ouverture d’esprit…
Cette notion d’ouverture, est celle qui vous ouvrira bien des portes, avec le sourire et la compréhension, croyez-moi…Vous aurez accès à des trésors insoupçonnés, et des amitiés indéfectibles.
Bien sûr vous ne serez pas exempts de nombreuses tracasseries administratives fastidieuses et illogiques, et le palmarès, dans ce registre, est à mes yeux, très certainement détenu par la Russie et la France, mes deux patries de cœur.
Et justement, la Russie. C’est là que j’ai trouvé des gens formidables, si on ose passer les premiers à priori, car les russes ne sourient pas, ne plaisantent pas et ne sont absolument pas polis, dans le sens français du terme (sans entrer dans la polémique de l’hypocrisie, je pense plutôt ici à l’accueil dans les commerces). La propreté dans la rue, dans les villes est une notion très relative (mais le métro moscovite est quant à lui, un des plus propres et sûrs que je connaisse, et nous en France il faut bien avouer que nous sommes les champions, toutes catégories de la "crotte" de chien sur le trottoir...)…bref ce n’est pas l’eldorado, et ce n'est pas l'enfer non plus.
Mais, me direz-vous, pourquoi aimez-vous la Russie si vous la critiquez tellement ?
Justement, comme le dit l’adage « qui aime bien, châtie bien », ne vous détrompez pas, j’adore la Russie. Mes amis russes sont parmi les plus fidèles, et j’ai toujours été accueillie de manière à faire rougir n’importe quel français sur le concept d’hospitalité !

Ce qui est étrange, c’est que lorsque je suis venue la première fois en Russie, en 2001, il y a 14 ans, je ne parlais pas un mot de russe. Je suis venue, avec « juste » moi-même et mon sourire. Et bizarrement, c’est à cette époque que j’ai lié les liens d’amitié les plus inébranlables. Alors que maintenant que je parle, que je peux interagir, bien ce n’est plus pareil. Comme partout, les mœurs évoluent et à chaque retour en Russie, je note des changements, vestimentaires, comportementaux… j’ai comme l’impression que tout s’uniformise, je trouve les mêmes magasins qu’en France, les jeunes s’habillent de la même façon qu’à Paris (ce qui n’est pas toujours flatteur, vous pouvez me croire)
Ce qui me frappe le plus, c’est la montée de l’individualisme et de l’indifférence.
Alors qu’il y a 15 ans en arrière, je découvrais cette notion extraordinaire, l’entraide dans les difficultés de la vie. Avouez que c’est ironique, nous les français, nous avons le mot « fraternité » dans notre devise, écrit sur tous nos bâtiments publics… et pourtant cette notion est inexistante à mes yeux en France. On vous regardera crever dans l’indifférence la plus totale, sans lever le petit doigt.
En Russie, j’ai vraiment « appris » cette notion, et pas seulement, j'y ai été confrontée dans sa réalité pratique, au quotidien, je l’ai trouvée essentielle, parfois un peu envahissante, mais toujours comme l’occasion de resserrer les liens : on est tous dans le même bateau, alors autant s’entraider.
Cela peut aller de la voisine qui vient sonner chez vous à deux heures du matin et qui vous fait comprendre qu’elle a besoin d’huile, de sucre, de lait (au choix) ou simplement de discuter.
Puis le lendemain viendra vous remercier en venant vous donner de la nourriture « saine » pour votre chat.
Ah oui,j'oubliais de préciser qu’en plus de mon arc, je voyage toujours avec mon chat (qui est une fille), d'ailleurs, elle a toujours eu beaucoup de succès en Russie. Ça peut être un jour ou j’ai fait de la cuisine française et ou j’invite mes voisins. Puis un autre jour où ils vont se mettre à 5 pour réparer une fenêtre ou un évier bouché…
L’année dernière, ce qui m’a frappée à Moscou, c’est le fait que ma belle mère ne disait pas bonjour à ses voisins… Curieuse, j’osais lui demander pourquoi. Elle m’a répondu, que c’était ainsi maintenant, on ne voyait plus personne, on ne se croisait plus… Que c’est triste, et je me retrouve dans la même situation qu’en France, ou chacun préfère rester derrière sa porte en attendant que vous soyez sorti pour ne pas vous croiser…
C’est une perte indéniable en termes de valeur humaine, si je puis dire. La marche inexorable de la globalisation viendrait-elle faire ingérence jusque dans les foyers, dans les valeurs les plus essentielles ?
Aller vers l’autre, oser parler, même en faisant des erreurs, alors on ne peut plus le faire ? Créer des échanges interculturels enrichissants, inoubliables, cela ne deviendrait-il rare en Russie actuellement ?
Il faut croire que oui…
Je n’avais jamais ressenti d’hostilité quand au fait d’être française jusqu’alors, c’était même plutôt le contraire. Les russes me posaient pleins de questions, j’en posais tout autant et à la fin nous devenions amis.
Aujourd’hui, j’ai presque honte de dire ma nationalité.
Est-ce l’effet de la mondialisation, des sanctions contre la Russie, le retour de boomerang sur l’affaire des mistrals ?
Je ne sais pas, peut-être un peu de tout.
Mais les faits sont là, ce n’est plus comme avant. Un peu comme si les russes, ne souhaitent être que entre eux, terminé les conversations amicales interculturelles. Avant, où on m’invitait de bon cœur, je reste maintenant dehors à la porte: " Circulez, y’a rien à voir!"

Je vous donne un exemple concret, sur internet :

J’essaie depuis quelques semaines de faire connaissance avec des russes sur un forum, consacré au thème « elfique », tout ce qui se rapporte à ce sujet, qui me touche énormément et à propos duquel j'ai toujours été très discrète, voir muette, ne trouvant pas d'interlocuteurs qui me prennent au sérieux, ou qui ne jugent pas cela comme une lubie, un dérangement mental.
Le site que j'ai trouvé, un peu au hasard de me pérégrinations nocturnes sur internet,est un vaste forum, qui concentre beaucoup de sujets différents, avec du bon et du moins bon. D'une manière générale, j'y ai tout de même trouvé de nombreux débats sur des questions que je m'étais posées, et malgré la barrière de la langue, j'ai eu grand plaisir à lire ces échanges. Et puis, plus que de simple spectatrice muette, j'ai eu envie , moi aussi de participer avec ces autres, qui semblaient vivre leur vie, comme je vivais la mienne, avec ce qu'on pourrait appeler "un socle commun de références/ valeurs".
Concernant les elfes, je n’avais jamais trouvé réponse à mes questions en France, si ce n’est des sites, douteux, à l’ésotérisme suranné doublé de gourous New Age pas très fréquentables et surtout mercantiles.
Vous trouverez évidemment en première place les jeux de rôles concernant surtout un public adolescent, en quête d’identité , je n'ai rien contre eux, ils sont gentils, mais c'est juste insupportable de lire des messages où tout est écrit en style "SMS" avec un seul mot sur deux correctement orthographié, (ça me donne des envies de meurtre sérieusement ), en conséquence, je suis vite découragée et l'ésotérisme romantique à la "Twilight", non merci, très peu pour moi.
Puis vous pouvez trouver d'autre part, des tolkienistes, qui eux, comme leur nom l’indique, se consacrent uniquement à Tolkien ( intéressant, mais incomplet) et qui bloquent toute allusion à la possibilité d’existence réelle des elfes : « Non, mais, vous êtes une illuminée chère madame! Voyez-vous cela n’existe pas, l’hôpital psychiatrique c’est par-là » c'est en gros ce qu'on m'a dit à l'époque)
Dans la culture russe, le fantastique, la culture païenne, est beaucoup plus présente, ou beaucoup moins oubliée, qu’en France. Il n’est pas du rare de trouver des personnes qui ne se considèrent pas « totalement » humaines et qui mènent par ailleurs, une vie tout à fait normale. Elles travaillent, élèvent leur famille, paient leurs impôts… Aux USA, ce genre de personne se dénomment "otherkin", j'y reviendrai par la suite dans d'autres posts.
J’ai donc été très heureuse de trouver ce forum elfique. Non seulement de nombreux articles ont apporté des réponses à des questions que je me posais depuis très longtemps, mais en plus pour le première fois, je pouvais voir qu’il existait d’autres, comme moi, que je n’étais pas un peu « zin zin » ( on l’est tous un peu sur terre, avouons-le), j’avais des alter ego !
O joie, ô bonheur, euphorie...ma première réaction… Je me suis dit que j’allais me faire des amis, et c’est d’ailleurs ce qu’on m’a souhaité (merci à,celui qui l'a fait)
Oui, mais….
Parfois j'ai l'impression de parler dans le désert, avec comme seule réponse le blanc du silence, .. un peu déprimant et déstabilisant.

Ce n'est que mon opinion bien sûr, mais cela rejoint ce que j'ai ressenti ( sur le plan humain) lors de mon dernier voyage en Russie. Les temps changent, et pas forcément en bien, ce changement , je le sens très triste, très "Moi, Je", très, trop individualiste.
Cette indifférence, en plus de ne pas être constructive, pour ma part, me bloque complètement. Au lieu de ressentir du plaisir à participer,à voir mes efforts porter leurs fruits et établir des liens qui soient au delà du simple ton formel, je n'ose pas écrire spontanément car les rares fois où j'ai essayé, bah je n'ai pas eu grand succès dira-t-on. J'ai bien conscience de ne pas être l'omphalos du monde ( waou t'as vu le mot de ouf que j'ai réussi à placer !!) et qu'il faut du temps pour établir des liens.
Je comprends aussi, que nous venons de pays, de cultures différents, que nos priorités de vies sont différentes, mais justement, à mon sens, cela devrait être un terreau fertile pour les échanges... et c'est tout le contraire...
Je suis mitigée, et j’en ressens de la frustration, bien sûr.  Alors, je continue de lire ce qu'écrivent certains ( surtout "Un" certain utilisateur, le pauvre, il a parlé avec moi juste une fois... et j'ai été médiocre en langue russe, pas du genre à l'avoir marqué avec un style recherché et un Lámatyávë incroyable... tout le contraire. J'ai été releguée aux oubliettes de sa mémoire:  Merde!.. La poisse quoi...)

C’est très dommage tout cela.


Je voulais parler de l'intégration et de la tristesse, de la frustration que l'on peut ressentir lorsqu'on vous ferme la porte au nez, lorsqu'on ne veut pas particulièrement vous intégrer et qu'on vous fait comprendre, à mots couverts, que votre place n'est pas avec les "membres du club" , que malgré vos éventuels talents, votre personalité, que sais-je... rien n'y fera.

Tout cela m’attriste profondément, je ne sais pas si un jour je pourrai trouver des alter ego, qui ne soient ni des fans de mangas, ni des rôlistes, ni des pseudos gourous new-age…

NB: mise à jour au 03/09/2015, j'ai tenté un forum francophone, non pas dédié aux elfes mais à l'ensemble de ce qu'on nomme les otherkins..Quand j'ai constaté que la moyenne d'âge tourne autour de 17 ans et que le style de message c'est "kikoo Lol! Mdr! Je suis un loup garou et un vampire"... j'ai....comment dire?
Eu envie de me pendre.....