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samedi 19 septembre 2020

Mirrors trough the other side

Sometimes there are moments of grace....
An unplanned walk in the nature that surrounds me, I came face to face with breathtaking landscapes.
 And then, struck in the face, came back to my memory the exact vision of those places, where the sky reach the earth.
Earth and  Sky merge in one  unique landscape, liquid and solid at the same time magnificent and terrible.
I was there, you were there
We were there.
Fëar and Hröar United...



mardi 21 avril 2020

Je t'aime





Mahokhian, "La Vague" coll pers


.



Je ne t'aime ni avec mon cœur, ni avec mon esprit. 

Le cœur peut s'arrêter, l'esprit peut oublier. 


Je t'aime avec mon âme. 


L'âme ne s'arrête jamais, n'oublie jamais. 


Je choisis de t'aimer 


en silence, 


car en silence 


je ne trouve aucun rejet... 


Je choisis de t'aimer 


dans la solitude, 


car dans la solitude 


personne ne t'appartient, sauf moi. 


Je choisis de t'adorer 


de loin, 


car la distance 


me protège de la douleur... 


Je choisis de t'embrasser 


dans le vent, 


car le vent est plus doux 


que mes lèvres... 


Je choisis de te retenir 


dans mes rêves 


car dans mes rêves, 


tu n'as pas de fin... 


Rûmî

mercredi 19 septembre 2018

A la recherche de l'Autre... mon bilan sur elfes russes

Lorsque j'ai débuté ce blog, c'était l'envie de partager mes ressentis concernant ce que j'appelle "le chemin elfique", un peu comme lorsqu'on jette une bouteille à la mer, avec un infime  espoir que cela me permettrait de rencontrer des personnes qui auraient le même cheminement.


A l'école ou dans la famille, je me sentais un peu décalée et n'y voyez pas un élitisme déplacé... Car cette différence je l'ai longtemps mal vécue, je la voyais comme un échec, un handicap de ma part à rentrer dans le moule et à me comporter comme tout le monde.... lorsque chaque jour vous prouve que votre ressenti n'est pas le même que ces Autres qui vous entourent, on est forcément amener à se questionner, à rentrer en introspection. Pour ma part, je voulais trouver ma voie, me prouver que ce qui se passait en moi n'était pas le fruit d'une lubie passagère ou bien l'expression d'une maladie psychique.

Je suis partie en quête de réponses, j'ai tenté de trouver des personnes qui semblaient avoir le même parcours, j'ai mené  une quête qui bien souvent m'a conduit à plus de déceptions qu'autre chose. Mais jamais je n'ai cessé de chercher.
Les Eddas, la geste arthurienne , ainsi que Tolkien étaient mes lectures  très jeune et je me suis attachée à l’Écho, la résonance que ces écrits ont provoqué en moi et en plusieurs autres à travers notre monde.
Je n'ai su mettre des mots sur cela que bien plus tard (des années après en réalité). Lorsque, devenue adulte, après plusieurs retours et abandons  envers ces même ouvrages, me disant que ce n'était que l'invention de mon esprit trop romantique. Me raisonnant de manière cartésienne, tel que les esprits sont formés à l'école de la République (en France), pour entrer dans le "moule" des Hommes.
J'essayais de comprendre pourquoi je ressentais qu'ils parlaient d'une époque  qui résonnait en moi comme un lointain souvenir....

Mais alors, était-ce la réminiscence d'un souvenir collectif, propre à beaucoup d'écrits épiques, qui évoquent un certain Âge d'Or révolu, période où l'Humanité présentait des valeur de courage et d'honneur, d'Âme éclairée?  Tel que Platon l'évoque dans sa métaphore de la grotte?
Pourquoi être toujours rappelée sur cette voie elfique? Pourquoi recevoir des rêves récurrents, impossible à classer comme "expression de sa fantaisie personnelle"?
Peu ou prou d'informations existent sur les sites français, c'est pourquoi je me suis d'abord tournée vers des ressources anglophones.
Le terme "Otherkin" s'est rapidement trouvé dans mes recherches, je me suis confrontée à un problème pour moi: beaucoup trop de personnes liées à des réseaux type sectaires, j'ai passé mon chemin.

J'ai aussi découvert le site des Silver Elves .
Ils ont une communication plutôt active, bon enfant et un bon nombre de followers sur les réseaux sociaux.  Certaines publications sont assez intéressantes, notamment concernant la prise de conscience, ou le processus "d'éveil" ( "awakening" en anglais) 
Malheureusement, la publicité à outrance pour acheter les ouvrages me dérange, et je n'ai pas cherché à aller plus avant.


J'ai ensuite échangé avec une personne du site rialian, qui m'a affirmé être un elfe, mais également, parfois un dauphin et un écureuil....

J'avoue que j'ai laissé de côté ces recherches infructueuses quelques années pour me focaliser sur des aspects plus pratiques  : canaliser mon potentiel énergétique, mieux interpréter mon ressenti, mes vibrations. Développer mes modestes talents artistiques, me documenter sur les cultures et légendes anciennes et.... voyager découvrir les beautés de ce monde.

Cependant, concernant mes visions, rêves,  il manquait encore quelque chose....
Les techniques que j'avais étudiées étaient intéressantes, mais restaient résolument humaines.

C'est donc naturellement que mon questionnement, m'a amenée à chercher encore, cette fois en langue russe (j'ai un petit niveau)

J'ai découvert un forum elfheim, dédié aux personnes intéressées ou liées aux Elfes tels que décrits par Tolkien.  Cela a été une révélation, j'y ai vu, avec enthousiasme la possibilité de me connecter avec des membres qui auraient les mêmes bribes de "mémoire".
J'ai été déçue.

Les membres de ce forum sont très liés aux jeux de rôle grandeur nature:  jeux théâtraux dans la nature durant lesquels ils interprètent des personnages de Tolkien.
J'ai eu grand peine à comprendre cet engouement.
Je pense que tout d'abord j'en avais un apriori négatif par l'image que je m'en faisais.
Cependant , je m'étais trompée, et je reconnais mon erreur.
Il faut savoir qu'en Russie ce loisir est très populaire, et je pense qu'il permet par certains aspects de faire ressortir sa créativité, la richesse de son monde intérieur, en communion avec ses amis, au sein de la nature.
Mais comme partout , il faut trier "le bon grain de l'ivraie".

Parmi ces personnes, s'identifiant comme "elfe", beaucoup le sont principalement dans la projection de leurs fantasmes, ainsi que sous l'influence de la culture de masse.
Tout y passe: les films de Peter Jackson, les sagas Harry Potter, les mangas de toutes sortes, les jeux vidéos, les séries américaines, la mode d'Halloween,de la culture celtique "revisitée " à la sauce moderne : tout cela n'est que de l'expression d'une société humaine qui ne fait plus la différence entre ce qui est créé par l'ère moderne et ce qui nous vient réellement des temps anciens.
Elles utilisent les réseaux sociaux intensivement, pour se faire valoir et se mettre en avant.
Tel le marketing de n'importe quel bloguer ou youtubeur opportuniste. Il n'y a rien de sincère dans tout cela.
L'âme elfique, l'essence même de la nature elfique est totalement absente de ces personnes.

 Étant incapable de fabriquer un personnage  dans le but de "plaire" à autrui et faire "ami-ami" avec des gens qui n'en ont vraisemblablement pas envie.
Je suis simplement restée moi-même, j'ai tourné cette page car elle ne me correspondait pas.



Pour conclure, je ne suis toujours pas plus avancée en terme de recherches pour trouver des personnes qui ressentiraient la même chose que moi. Mais au moins, ai-je appris à savoir reconnaître celles qui sont factices.

La nature elfique,  ce n'est pas se déguiser en un clone de film ou série, et avoir des oreilles pointues.
A l'heure actuelle, tout se base sur le physique, et c'est une approche erronée mais Ô combien ancrée dans l''époque actuelle. Tout se joue sur l'image que vous renvoyez au monde, aux autres et on vous renvoie "pronto" dans une case. Si vous n'y correspondez pas tant pis pour vous, vous serez alors le vilain petit canard de service.
Pourtant, la nature elfique est simple. C'est être en symbiose avec le vivant, visible et invisible, c'est ressentir les synesthésies, les émotions ( de soi, des autres)

 Ces synesthésies, ces correspondances procurées par le bruit du vent dans les feuilles, l'odeur de la pluie sur la terre sèche, le bruissement des ailes d'un oiseau de nuit, la sensation d' une corde d'arc contre sa joue, le mélange des couleurs d'un ciel mouillé après l'orage et par dessus tout,  le scintillement des étoiles, ce sentiments d'être à la maison. L'union entre végétal et  minéral, sentir son cœur battre au rythme du chant de notre monde.
Et laisser sa main tenir le pinceau et mélanger les couleurs, les textures, tenter de traduire par la création cette beauté qu'est notre monde, ou bien nos sentiments les plus enfouis, laisser l'instrument de musique nous habiter et jouer , comme un langage sans mot, universel...
Ces échos du passé, ces sons, ces visages... songes.... rêves... souvenirs?  Tout se mêle, tout se transforme , tout ne fait qu'un.


Je poursuis ma quête, même maladroitement, mais authentiquement, il m'est contre nature de se mentir à soi-même de la sorte tel que j'ai pu le constater lors de mes recherches elfiques sur internet.



Inter Artes et Naturam- Pierre Puvis de Chavannes






vendredi 27 juillet 2018

Jordskott



J'ai envie d'évoquer ici une série qui m'a vraiment plu dernièrement: Jordskott
C'est une série suédoise, loin des abrutissements américains.
Ce qui me plait dans les séries suédoises (outre le plaisir de revoir des paysages que j'ai connus), c'est le regard porté sur l'âme humaine, sur les relations entre les personnes, tout en nuances,  sur la nature, avec mise en  abyme, et en général une philosophie épurée et très esthétique.




Dès les premières minutes, vous vous dites, c'est du "déjà-vu": un enfant est enlevé et un flic doué, à l'âme torturée, tombe dans l'obsession de le retrouver. Cette enfant c'est Josefine, disparue depuis sept années au début de la série, et le flic c'est sa mère, Eva Thörnblad.
Mais très vite, vous allez comprendre que l'aspect policier passe au second plan pour donner le rôle principal à la sombre et énigmatique mythologie nordique.


Certes, ce n'est pas l'unique série à traiter des mythes et prouver qu'ils ont encore beaucoup d'écho à notre époque: Merlin, Jonathan Strange & Mr. Norrell, Les Frères Grimm, Once Upon A time, etc.
Toutefois,  Jordskott va au delà de la mièvrerie surannée des séries américaines, très vite vous comprenez qu'il ne s'agit pas d'une affaire policière banale, au fur et à mesure des épisodes, la Forêt,   devient le personnage principal : noire, mystérieuse , effrayante, où les Humains ne sont que des invités provisoires...
Les mythes anciens persistent en raison de leur universalité et de leur capacité à puiser dans nos peurs et nos désirs primaires, Jordskott réussit cela à merveille.

La série crée une mythologie moderne où des héros solitaires anti sociaux, sont confrontés à des abuseurs dépravés, des services de police incompétents et une société corrompue. Personne ne vous promet une fin heureuse,et c'est cela qui rend Jordskott tellement encré dans le réel.

A cela s'ajoute l'aspect fable écologique des temps modernes, l'Homme avide des richesses de la Terre surexploite la Forêt qui se rebiffe et fait cher payer.

Mais, car il y a un mais, il est regrettable que l'épilogue tombe comme un pétard mouillé, et que le jeu de certains acteurs ne soit pas vraiment crédible.

Dans l'ensemble c'est quand-même une très belle série , poétique, écologiste en fond de mythe nordique.



mardi 5 juin 2018

The Departure ( Straight Road)

Coming back Home, where I belong to.
Homeland of the Eldar
Leaving  across  Belegear,
Taking the Straight Road
O Brother, Where Art Thou ?



The Departure

dimanche 1 mai 2016

Happy Beltaine

Today is Beltan, blessings to all who "really" celebrate this major moment in the celtic passing of time. Seeing that a large number on the social media, were sharing wishes for Beltan, I realised that many who are celebrating Beltan today, were in fact just  artificially doing it, sharing a picture on Facebook... No comments needed on this I guess.
And what about those, and I would say especially those who have absolutely no connection with the Celtic Culture. I was wondering why, if this globalisation, this standadization, was a good or a bad thing?


mardi 26 avril 2016

L'appel de la Forêt








Dans les années 90 , lorsque j'ai travaillé à Färgelanda  (Suède, Västra Götaland aujourd'hui, ancien Dasland), je n'étais pas loin du lac Varnen.
Cette période de ma vie correspond à une des plus heureuse et certainement marque le début concret de l'amour des vastes étendues nordiques, comme si cela était dans mes veines depuis toujours. Dès que j'ai posé le pied en ces terres, j'ai su que j'étais, en quelque sorte, de retour "à la maison".
Il faut être là-bas pour le comprendre, pour le vivre et le ressentir.
C'est dans l'air, dans la terre, dans l'eau, ... tout cela constitue une magnifique harmonie. Les forêts immenses, les lacs nombreux, la couleur du ciel, le bruit de la forêt.










Et il y a une mélodie particulièrement belle, sauvage, insaisissable, propre à ces terres, qui m'a marquée à jamais, le kulning ou appel si vous préférez.




Quel joli nom pour ce chant très spécifique, pratiquée par des femmes, à l'origine pour appeler les vaches ou communiquer entre gardiennes de troupeaux à travers les longues étendues de terres.
Kula/ Kulning est spécifiquement utilisé pour appeler les vaches ("ko" en suédois, "ku" en norvégien)
Kula sest un chant sans paroles, basé sur les syllabes  "dee", " do", "oo", "ee", "hoh" et ainsi de suite. Parfois, ce chant peut également contenir des mots réels, en particulier dans le cas d'appels d'avertissement ou de détresse, ou dans les chansons d'élevage.  
À une certaine époque on pouvait rencontrer des formes de kulning ('Kool-ning »- appels des vaches) dans  différentes régions de la Scandinavie et l'Islande, et aujourd'hui  c'est toujours utilisé en Suède, en Norvège et  aussi dans certaines régions des montagnes de l'Oural en Russie.  
Cependant, c'est en Suède où il est le plus répandu, dans les provinces du Bohuslän, Värmland, Dalarna et Uppland.




Les gardiennes de troupeaux (vallpiga ou vallkulla) qui conduisent les bêtes aux prés d'été vivent dans un isolement relatif et utilisent le kulning pour communiquer les unes avec les autres et avec leurs troupeaux, sur de grandes distances. 
On chante le matin pour lâcher les bêtes, et le soir pour les rappeler. On chante aussi pour se divertir de la solitude des forêts. C'est également un excellent moyen d'effrayer les prédateurs.
Ou bien comme un moyen de communication avec d'autres éleveurs et fäbodar surtout le soir pour signaler  que tout allait bien, que le troupeau était en sécurité à la maison.
Les femmes bergères ont appris cette forme d'art à travers une  tradition orale ininterrompue qui  se poursui à ce jour, transmis d'une femme à une autre à travers les âges.
 Il est difficile de décrire les sonorités du kulning à ceux qui n'en ont jamais entendu.
C'est tellement particulier que lorsque vous l'avez entendu une fois, jamais vous ne l'oublierez.
La mélodie est puissante, perçante, d'une tonalité très claire. Cela ne ressemble pas à une voix humaine, c'est un son sauvage, captivant, magique et rempli de nostalgie.
C'est un son inhumain et strident, fascinant.


 Voici une ligne mélodique:






Une partie du rituel du "Sejur" ( époque viking) (communication avec les dieux, les morts, etc.), était un type particulier de la chanson appelée "Galdr" et qui est similaire au mot gala :  «corbeau ou appel / chant d'une voix forte"
Cela est mentionné dans les anciennes Eddas (manuscrits poétique du 13ème siècle):

 The song [ galdr] was performed loudly in a shrill voice. The music historian sometimes relate the special art of singing that was performed by saeter girls, cattle-tenders in the forest pastures calling home the cows in the far distance, the kulning. A kulning was performed at a special vocal pitch, shrill and piercing, and could be heard over a vast area. This is, however, a pure guess, since we know nothing about the performance of a galdr. (Lund 1994: 38)  

The master of galdr was Odinn himself, also called “ galds fađ ir" . 
The stanza of Hävamal mentioned tells that



"Unđir randir ek gel "("I sing (a galdr ) towards the shield" and later on in the same poem he relates the  following:

Pat kann ek et                                                 I know that for the

Fiórđa/ ef mér fyrđar                                    fourth, if people

bera / bönd at                                                 bind my limbs

bóglimom / svá ek                                          with fetters, then I

gel /at ek ganga                                               chant that I can

má/sprettr mér af                                            walk, loosening

fótom fiöturr / en af                                        the fetter from my

höndom hapt                                                   feet and the chain

from my hands.(Hvm.149)


 

mercredi 30 mars 2016

Yestarë




Je viens de débuter une nouvelle année  et je vous rassure je n’ai pas perdu la notion du temps, c’est juste que nous le décomptons différemment.
Petite explication :
J'aime beaucoup Francis Ledoux,il reste celui qui m'a permis enfant de connecter le lien, de retrouver la réminiscence d'un écho lointain, c'est le premier à avoir fait la traduction en français des textes du Seigneur des Anneaux, mais je le déteste aussi car à l'époque ( 1972) il n'avait pas jugé opportun de traduire les Appendices du Retour Du Roi....
Soi-disant cela n’intéresserait personne....
Ce n'est que 15 ans plus tard que Tina Jolas les a traduits....
Ce qui est fort dommage car ces Appendices contiennent des informations capitales:

Appendice A : Annales des Rois et des Seigneurs souverains
Appendice B : Annales (Chronologie des Terres de l'Ouest)
Appendice C : Arbres généalogiques
Appendice D : Les calendriers
Appendice E : L'écriture et l'orthographe
Appendice F : Les langues en Terre du Milieu


Les principales sources concernant l'organisation des mois se trouvent dans l'Appendice D, le Professeur Tolkien aborde le système des calendriers, mois et saisons en Terre du Milieu.
Puis dans le Tome 12 des Home (History Of Middle Earth), la 4ème partie " The Calendars" qui est plutôt l'évolution des élaborations de ces derniers.

Dans l'Appendice D, les explications sont essentiellement centrées du point de vue des Hobbits au Troisième Age, véritables "héros" , "les plus petits êtres qui accomplissent les plus grandes choses..." 
Sont aussi abordés les systèmes calendaires des Eldar et des Atani .
On apprend le nom des saisons, des mois, des jours de la semaine, en Quenya, en Sindarin pour les langues elfiques.

Wikipedia nous dit : Un calendrier est un système de repérage des dates pour diviser et organiser le temps sur de longues durées. L'observation des phénomènes périodiques du milieu comme le déplacement quotidien de l'ombre, le retour des saisons ou le cycle lunaire - ont servi de premières références pour organiser la vie agricole, sociale et religieuse des sociétés.

Les calendriers historiques sont basés sur des unités naturelles de durée définies par des phénomènes astronomiques observables.



1/ Le jour (et la nuit):
Dans toutes les civilisations, l’alternance du jour et de la nuit est la première unité du décompte du temps.
Mais le passage d'un jour à l'autre est une notion arbitraire , différente selon les civilisations : la journée peut être mesurée de midi à midi, de minuit à minuit dans le calendrier romain, à partir du coucher du Soleil comme dans les calendriers hébreu, musulman et chinois, ou à partir du lever du Soleil, ce que firent , Égyptiens par exemple.
Par convention, le jour est la plus petite unité du calendrier.
Comme il devient très vite compliqué de mesurer le temps uniquement en journées, on a rapidement adopté le suivi des astres solaires ou lunaires, qui ont donné des unités temporelles plus larges: les mois, les années.






2/ La lune:


Les lunaisons (ou mois synodique pour le nom technique) étant simples à observer, elles ont fourni un moyen commode de mesurer le temps.Le cycle lunaire n'est pas très régulier : il peut varier de 29 jours et 6 heures à 29 jours et 20 heures, mais en observant simplement les aspects de la lune, on peut savoir à quel moment du cycle nous nous trouvons.




2/ Le soleil:

Moins facile à repérer que le cycle lunaire, le cycle solaire requiert quand à lui des observations de longues durées et quelques notions astronomiques.
Le calendrier égyptien fut un des  premiers calendriers basés sur l’année solaire: il utilisait l'astronomie par l'observation de Sirius, ainsi que les fluctuations annuelles du Nil.
Le cycle solaire a pris de l'importance avec l'essor de l'agriculture et l'importance du rythme des saisons. 



Ce cycle est plus long que celui de la lune,  il correspond à la révolution de la Terre autour du Soleil, ou année tropique, mesurée entre deux équinoxes et deux solstices.
Actuellement une année équivaut à 365.242201 jours.


Cependant, écueil majeur, ces unités astronomiques que sont la lune et le soleil sont variables.
Il est impossible de se caler exactement sur les astres pour subdiviser une année en mois ayant un nombre de jours identiques. On intercale ainsi un jour supplémentaire les années dites bissextiles.

Les Elfes, qui sont plus attachés à l'observation de la Nature en Arda ont adopté des calendriers basés sur le passage des saisons. En raison de leur longévité, le décompte est très différent de celui des Humains.

Une année équivaut à 144 années "humaines", cette unité est appelée "Yén"
Une année solaire  de 365 jours est appelée " Coranar" en Quenya " Le tour du soleil"  pour l'aspect astronomique et "Loa" ou bien "croissance", pour l'aspect saisonnier.


 Il est précisé par Tolkien que les Elfes décomptait leurs journées depuis le coucher du soleil au suivant, cette période de jour était connue sous le nom de "ré" (toujours en Quenya) que l'on retrouve dans le mot "auré"  qui désigne le jour (i.e: période éclairée en opposition à la nuit), ou le mot "áre":lumière du jour.
 Dans ses explications, le Professeur Tolkien signale que les Elfes divisaient l'année en saisons plutôt qu'en mois. Ces dernières variant selon le lieu où l'on se trouve, il n'y a pas de calendrier elfique universel.



A Imladris les saisons étaient au nombre de 6, ainsi dénommées:

Quenya
Sindarin 
Traduction
Durée
Tuilë            
Ethuil        
Printemps (spring)        
54 days      
Lairë
Laer
Été (summer)
72 days
Yávië
Iavas
Automne (autumn)
54 days
Quellë
Firith
Étiolement (fading)
54 days
Hrívë
Rhîw
Hiver (winter)
72 days
Coirë
Echuir
Reverdie (stirring)
54 days


N.B: On trouve aussi le nom de "Lasselenta" (i.e: Effeuillaison ou "Leaf Fall")  en Quenya pour la saison de Quellë, ou bien " Narbeleth" ( i.e: Déclin du soleil ou "Sun Waning") en Sindarin




Tuile: de la racine "Tuy": sortir, pousser avec suffixe -le qui renvoie à un processus comme dans "kuile" vie, "intyale" imagination, "vestale" mariage. Le printemps est donc littéralement "le moment du processus de pousse " de la végétation.
Lairë: de la racine "lay" ce qui est en rapport avec la vie végétale, on retrouve en Quenya "Laika" vert (feuillage), "laique" , herbe, verdure (alimentaire), "laima" plante. Le suffixe -re évoque un état comme dans "almare" état de bonheur soir béatitude.  
Yávië: de la racine "Yab" fruit, saison de la fructification
Quellë: de la racine "Kwel" s'évanouir, flétrir
Hrívë: pas de racine à ce mot donné par le Professeur, du moins pas à ma connaissance
Coirë: dérivé de la racine "Koy" vie, cf "Koyo" être en vie dans le Quenya Lexicon de 1915, altéré en "Kuy" venir à la vie (1930 Étymologies) qui rappelle Kuiviénen le lieu de l'Eveil des Elfes. le suffixe est le même que dans Lairë

 
Si l'on fait le décompte de l'ensemble on arrive à 360 jours.
 Il y avait 5 jours en plus:

Le premier de l'An: Yestarë
Le dernier jour de l'An: Mettarë
Entre Yávië et Quellë , il y avait  3 ou bien 6 Enderi ("Jours intermédiaires") .
Le compte final donne 365 jours, comme dans le calendrier grégorien.
Les Enderi étaient doublés tous les 12 ans (sauf la dernière année de Yén) pour compenser le décalage avec une année tropique.
Ainsi, tout comme le calendrier grégorien ajoute une journée lors des années bisextiles, à Imladris, nous ajoutons 3 Enderi en plus tous les douze ans.
A ce sujet, il est indiqué que ce processus s'annule pour la dernière année de la Yén (Tolkien, le façonnement d'un monde vol 2, p 49)



Les mois dans le calendirer des Atani sont au nombre de 12. Ils sont une invention Numénóréenne.
Nommés "Astar" (i.e: division,part). Ils étaient donc au nombre de 12, avec 30 ou 31 jours. On commençait l'année  aux environ du solstice d'hiver (soit le 21 décembre), ce qui est qualifié par le Professeur, d'une habitude typiquement humaine.

Quenya
Sindarin
Période
Narvinyë
Narwain
Fin décembre - janvier
Nénimë
Nínui
Fin janvier - février
Súlìmë
Gwaeron
Fin février - mars
Víressë
Gwirith
Fin mars - avril
Lótessë
Lothron
Fin avril - mai
Náríë
Nórui
Fin mai - juin
Cermië
Cerveth
Fin juin - juillet
Urimë
Urui
Fin juillet - aout
Yavannië
Ivanneth
Fin aout - septembre
Narquelië
Narbeleth
Fin septembre - octobre
Hísimë
Hithui
Fin octobre - novembre
Ringarë
Girithron
Fin novembre - décembre


Les jours



Comme vous l'avez peut-être remarqué, le système de décompte des Eldar est un système duodécimal.
 Ils préfèrent compter par sizaines et par douzaines tout est basé sur 12.( cf une Yén 12 fois 12, soit 144)
Bien que ce système soit le résultat d'une élaboration ultérieure, les Elfes ayant d'abord créé un système de numération décimal ( cf Vinyar Tengwar N°47,48 et 49  "Eldarin, Hands, Fingers and Numerals")
C'est pourquoi on retrouve une année divisée en 6 saisons, et une semaine divisée en 6 jours.
Ce système est très pratique: chaque saison a exactement 9 semaines pour les plus courtes et 12 semaines pour les plus longues.
Les jours "arë" sont comptés d’un couché de soleil au couché de soleil suivant.


Voici les six jours de la semaine ou "Enquië" et leur signification en Quenya:
  • Elenya, "Jour des Étoiles".  Les premiers Elfes se réveillèrent sous un ciel étoilé, à l'époque il n'y avait ni lune, ni soleil, uniquement les étoiles.C'est pourquoi leur relation à ces dernières est privilégiée, elles ont une place importante dans leur coeur. Le premier mot prononcé en Arda était: "Ela!" (Voyez!), Parce que les Elfes regardaient les étoiles et ont été émerveillés. Leur nom, Eldar, signifie " Peuple des Étoiles" et de toutes les choses de la nature les étoiles sont les préférées des Elfes.
  • Anarya, "Jour de la Soleil". Lors de la mort des Arbres de Valinor, Laurelin ( L'arbre d'Or)  a donné un fruit unique qui fut placé dans un vaisseau et transporté à travers le ciel par Arien, pour baigner le monde de sa lumière.
  • Isilya, " Jour de Lune". Tout comme pour la soleil, le lune est le dernier fruit qui put être sauvé de l'arbre Telperion (L'Arbre d'Argent). Il est également transporté dans le ciel, mais son guide Tilion, est parfois irrégulier, provoquant de ce fait les phases du lune.( Nb: Lune est masculin et soleil féminin chez les Elfes)
  • Aldúya, " Jour des Arbres". En référence aux deux Arbres de Valinor, la Terre Bénie, qui illuminaient le monde avant la création de la soleil et du lune. Les années des Arbres désignent l'Age d'or de Valinor. Les deux arbres ont joué un rôle majeur sur l'histoire elfique. Ils illuminent le monde avant la Soleil et le Lune. Il sont la raison  pour laquelle les Elfes ont effectué le Longue Marche, de leur lieu de réveil près du lac Cuiviénen, vers la lumière de Valinor. Le premier des deux arbres à venir en fleurs était Telperion avec des feuilles vert foncé resplendissant de lumière blanc argenté.  Varda a crée la lumière des étoiles à partir de la rosée de cet arbre. L'autre arbre était Laurelin qui est né sept heures après Telperion. Les deux arbres  brillaient d'or et d'argent.
  • Menelya, " Jour des Cieux".  les cieux, ou le ciel: c'est le domaine des étoiles où seuls les grands aigles de Manwë peuvent aller. Menel signifie ciel, mais en Arda, Menel est un nom propre et sa signification va bien au-delà de ciel ou cieux. Menel se réfère au sublime divin. C'est un endroit où l'on ne peut aller, à l'exception des oiseaux bénis et les aigles puissants de Manwë. Il y a beaucoup d'endroits qui honorent Menel par son utilisation ou son nom, par exemple Meneltarma à Númenor qui signifie "Pilier du Ciel"
  • Valanya, " Jour des Vala".  Ce sont les grandes forces de l'Ouest, les dieux de Arda, ils gouvernent les vents, les eaux, la nature, toute la vie.
Nb: Les noms des jours en Sindarin sont: Orgilion, Oranor, Orithil, Orgaladhan, Ormenel et Orbelain




 Ceci étant, nous sommes en 2016, et le 26 mars , d 'après Erunno Alcarinollo , du site Quenya 101, cette année marquait le début de la dernière année de la 14ème Yén (rappelez-vous, Yén= 144 ans).
Cependant ses explications restent un peu obscures pour moi, je ne comprends pas très bien sur quel point on se base pour affirmer que 2016 est la dernière année de la Yén. Quel est le point de départ et n'est-ce pas un choix arbitraire?
De plus, d'après Didier Willis, la dernière année de la Yén, on ne double pas les Enderi.
D' accord, mais dans ce cas, comment compenser le décalage de jours?
Bonne question.... A creuser donc. Je poursuis mes recherches de ce côté, car ce n'est pas clair pour moi.

Pour finir,  il faut bien choisir un calendrier ou un autre.
Le calendrier proposé ici 
Le 26 mars était Mettarë, le Dernier jour de l'An. Le 27 mars était Yestarë le Jour du Début.
Dans l'Appendice D, le Professeur Tolkien dit que le Nouvel An Elfique, Yestarë,  avait lieu le 6 Avril dans le Calendrier de la Comté ( Hobbits). Le challenge étant de recaler ce 6 avril avec un calendrier contemporain grégorien. Ce processus de conversion calendaire étant assez délicat, il n'est pas étonnant de trouver plusieurs réponses différentes à cette question.
Certains considèrent qu'il arrive le 28 Mars, d'autre le 29, et encore d'autres , que la date change chaque année. Certains le fêtent même le 21 Mars, soit la date de l'équinoxe de printemps, qui correspond en France au début du printemps ( à un jour près) ou bien à la fête païenne de Ostarë
Pour ma part, je suis d'opinion à une date changeante pour les raisons énoncées au début.
Mais à moins d'être un expert en conversion calendaire pour trouver la date "exacte", je préfère m'en remettre à d'autres moins fainéants que moi et sans doute plus versés dans cet art.

Cette année, j'ai donc "célébré" Yestarë le 28 mars avec un jour de retard, mais il avait l'avantage d'être un jour férié en France (merci le lundi de Pâques)

Sí man i yulma nin enquantuva?





Sources:
http://quenya101.com/
http://www.time-meddler.co.uk/shire.html
http://www.elvish.org/gwaith/calendars.htm
http://www.elvenesse.net/calendar/calendar.php
http://tolkiengateway.net/wiki/Reckoning_of_Rivendell
http://www.glyphweb.com/arda/dates.html
http://lostworldofennor.angelcities.com/time.htm
http://lotr.wikia.com/wiki/Calendar
Vinyar Tengwar N°47,48 et 49  "Eldarin, Hands, Fingers and Numerals"
Tolkien, Le Façonnement d'un monde vol 2, Didier Willis, Le Dragon de Brume (1 mars 2014) ISBN:978-2953989625
The Lost Road, Tolkien,
Parma Eldalamberon N°17 p120, 159

jeudi 17 mars 2016

Saint Patrick ou Yestarë? La question ne se pose même pas...




Joyeuse Saint-Patrick ? Non, merci, très peu pour moi !

En voyant le nombre de post pour célébrer la Saint –Patrick, sur les réseaux sociaux français, américains ou russes, je réalise à quel point pour beaucoup, cette fête est synonyme de mise en valeur de la culture et de la gloire irlandaises.
Personnellement, bien que n’étant pas irlandaise (mais, j’ai des liens de famille avec l’Ecosse) je trouve très bien si certaines traditions permettent de  perpétuer la culture, l’histoire et la langue des ancêtres Celtes, car à mes yeux là se trouvent les racines des Sidhes, des Dana, ou si vous préférez, des Elfes.
Ce qui me laisse perplexe, ce sont les messages de « Bonne Fête », «  Bonne Saint-Patrick », «  Vive les Celtes ! Vives nos racines irlandaises ! » de la part de frères et sœurs elfes de part et d’autres de la planète.
Outre le fait que de nos jours c'est essentiellement une fête "à boire" synonyme de beuveries et excès en tous genres, ne représentant pas exactement le plus bel aspect de la nature humaine...
Il faudrait quand-même rappeler que la Saint-Patrick est une fête catholique, je le répète au cas où : CA-THO-LIQUE, compris ?

Certes, c’est une fête ancienne, très ancienne mais à travers elle, ce que l’on rappelle, c’est l’expansion de l’Eglise catholique et l’éradication des païens, des traditions, de toute une culture, le bourrage de crânes des humains que le « Petit Peuple » et que toutes les légendes appartiennent au domaine de l’imaginaire et ne sont pas compatibles avec la « Très Sainte » « Très Propre » et « Très Correcte » Eglise.
On commémore le colonialisme religieux et la destruction des traditions païennes.
Mais pourquoi chers elfes, par tous les Valars , voudriez-vous souhaiter ou célébrer une telle fête ?

On dit communément, que Saint-Patrick avait chassé les serpents d’Irlande.
Les Serpents sont une métaphore qui désigne les Celtes et les Druides, qui portaient un serpent tatoué sur leur bras.
Ce que cet homme a réellement fait, c’est mener une agressive campagne d’évangélisation envers les natifs irlandais. Il a poursuivi, combattu et chassé les « infâmes » Druides, les « mauvais » Serpents

Il serait plus approprié d’y voir un jour de deuil et de chagrin.

Cette date du 17 mars n’a d’ailleurs pas été choisie arbitrairement par les Catholiques, elle correspond à peu de jours près à la fête païenne d’Ostara, célébrée vers le 21 mars, soit à l’équinoxe de printemps. On associe également Ostara à Pâques qui se dit Easter en Anglais.
Elle symbolise le renouveau de la vie et de la terre, après un hiver froid et dur, quand le jour et la nuit sont égaux. Elle est considérée comme le point culminant de la saison printanière, quand la vie s'éveille dans toutes les directions. Ostara est un Festival de l'aube et de la vie croissante. Ostara vient du mot Germain "Ost" ou "Est", une référence pour l'aube et la vie renouvelée.
Pour conclure, je dirais que personnellement je fêterai plutôt le Nouvel An Elfique.
 Yestarë,  le « Premier Jour » de notre année, qui se fête le 28 Mars dans le calendrier grégorien.


 

C’est le temps de l’année durant lequel on peut sentir les frémissements du printemps dans l’air, dans l’odeur de la terre, qui se réveille de son long sommeil hivernal, dans l’eau qui se dégèle et se met à couler avec force dans les cascades et les torrents de montagne,  dans cette odeur d’humus, cette vibration du vivant qui éclot. On peut le sentir aussi dans la vibration des êtres, cette excitation latente, imperceptible, mais présente qui porte à la joie.  Bientôt, les parterres seront une explosion de couleurs et de parfums  avec les fleurs naissantes.
Il n’y a pas de meilleur moment de l’année pour se sentir vivant, pour fêter Yestarë ou Ostara selon vos préférences et vos croyances, plutôt qu’un homme catholique responsable de la soumission et de la perte de la culture celte païenne.